La biodiversité au détour du chemin*

25.01.2010, di François Felber, direttore del Giardino botanico dell'Università e della città di Neuchâtel

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Entre les pavés, les érophiles du printemps ont déjà formé leurs rosettes ; elles fleuriront dès que la neige aura fondu. Dans la haie, un peu plus loin, les noisetiers allongent leurs chatons et les bourgeons des cornouillers mâles sont prêts à éclore. L’herbe aux goutteux va bientôt développer ses feuilles, prémisses de repas savoureux. Tout au long de la saison, les promenades seront agrémentées par de nouvelles floraisons, des fructifications parfois prometteuses, ou des germinations de plantes planifiées ou qui s’invitent. Préserver et favoriser la biodiversité, c’est permettre aux plantes spontanées et à une faune variée de prendre ses quartiers. C’est se donner la liberté de la surprise et de l’observation. Au final, la grande diversité des habitants rime aussi avec équilibre naturel, donc moins de maladies ou de ravageurs.

Dans un jardin botanique ou un jardin privé, le choix de préserver la biodiversité passe par le respect du vivant, en appliquant le moins possible de traitements, et en utilisant, si nécessaire, des produits respectueux de l’environnement. Le désherbage s’y fait à la main, ce qui permet aussi de préserver les plantes intéressantes.

On ne protège que ce que l’on connaît. En cela, les actions de sensibilisation du public par les institutions en relation avec l’environnement (musées, jardins botaniques, centres nature) contribuent à cette sauvegarde. La conservation des milieux les plus riches et des espèces rares et menacées sont également la suite logique de cette prise de conscience. Ces institutions y participent, en collaboration avec les administrations cantonale et fédérale, ainsi que les organisations non-gouvernementales œuvrant dans ce domaine.

La conservation de la biodiversité passe aussi par notre assiette. De nombreuses anciennes variétés végétales ou races animales ne survivent que grâce à des associations attachées à ce patrimoine. En les cultivant et les achetant sur les marchés ou dans des magasins spécialisés, chacun peut contribuer à leur sauvegarde. La conservation des ressources génétiques a aussi un côté appliqué. Qui peut prédire quel gène de résistance à une maladie, ou quelle caractéristique sera intéressante dans quelques décennies ? Garder une grande diversité permet ainsi de puiser, si cela est nécessaire, dans le réservoir de gènes à disposition afin de créer une variété adaptée aux besoins actuels. Cette vision anthropocentrique apporte des arguments à la cause de la protection de la diversité.

Conserver la biodiversité contribue à assurer une bonne qualité de vie à nos descendants. C’est aussi s’accorder la possibilité de profiter du sentiment de plénitude que l’on ressent en se promenant dans une forêt riche en espèces ou dans une prairie fleurie : quelle différence d’avec une monoculture !

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